Les gélastes petits lilivres chéris du P.H.A.R.E

A nos livres Chéris

Petite sélection,

bien subjective, assurément,

et nullement exhaustive, ô combien!

de quelques uns de nos petits livres chéris et préférés

dans le domaine

du rire et de l'Humour associé,

bien entendu flibustièrement et gloupinesquement

à l'Humour de résistance:

(En cours d'installation)

N.B: Toutes les suggestions sont plus que bienvenues,

merci d'utiliser el formulaire ad hoc, ci-dessous ou de nous l'adresser par mail:

lephare.71@gmail.com


 

 Un livre essentiel

qui vous en fera découvrir des milliers d'autres,

celui, notre petit Cheri-bibi,

à emporter impérativement,

toutes voiles dehors

sur votre île déserte:

 

" l'Anthologie de la subversion carabinée"

Noël GODIN

dit " Georges le Gloupier l'Entarteur"

Editions de l'Age D'homme

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Anthologie, bien sûr. Subversion, naturellement. Carabinée parce que nous avons affaire à la première association de gros calibre de textes résolument malfaiteurs


- à travers toutes les formes rocambolesques (le .subversion : appel au meurtre, grève orgiaque, tour pendable, pétrolage gloupitant, piqueassiettisme sauvage, détournement pernicieux, cannibalisme justicier, sabotage polisson, attentat pâtissier, etc...

- à travers tous les genres littéraires : libelle, reportage, poème satirique, dessin pamphlétaire, tract, mots croisés, utopie, ciné-script, essai théorique, conte licencieux, comic-strip, chanson pillarde, harangue, aphorisme, ghost story, lettre d'insultes, etc...

- à travers toutes les écoles du crime: des émeutiers galope-lescotillons de l'Antiquité aux terroristes, en passant par les iconoclastes du Moyen Age, les «emporte-pièce» de 1789, les «amazones-crapule» de la Commune, les chevaliers de la dynamite de la Belle Epoque, les « chaoten » de 1968 et d'après et le grain fin de « boutefeu de sédition » slaves, chinois, égyptiens, latino-américains ou belges...

- à travers tous les catalogues d'auteurs dépassant les bornes: d'Alphonse Allais et 7,o d'Axa à Laurent Tailhade et Oscar Wilde, de Belen et Forton à Leroux et Swift, de poètes-assassins ayant prémédité de «mettre le terme aux maîtres», de Büchner et Mesrine à Péret et Ravachol ou de fauteurs de troubles plutôt inattendus: Balzac, Claudel, Aleister Crowley, Georges -de La Fouchardière, Tchouang-Tseu, Catulle Mendès, Saint-Epiphane...

Soit 290 sommets de «la littérature qui fait bang-bang» (Lu Xun ) nous mettant mariollement les yeux en face des troubles, le tout assortie d’une bibliographie pantagruelesque.

 

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Noël Godin, né à Liège en 1945 en hurlant: «Vive Ravachol ! » .

 

- Pour plus d'infos: http://fr.wikipedia.org/wiki/No%C3%ABl_Godin 

- Le site du Gloupier: http://www.gloupgloup.be/

- Pour les amateurs de tartes, Cloup, Gloup!!!,  2 videos  pâtissières  : 

 

et : http://www.pbcpictures.com/bin/htdoc.cgi?id=0004491_pbc_cat_archive

 

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Bonne et pétulante lecture de ces quelques pages du livre

"  DESOBEIR PAR LE RIRE " 

desobeir-par-le-rire.jpg( Editions

que le Le P.H.A.R.E, Parti de l'Humour Attitude et d'en Rire Ensemble

(http://lephare1.e-monsite.com/

vous recommande flibustièrement et avec gélaste enthousiasme.

Voyez ces 2  lien:

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/desobeir-par-le-rire.html

http://savatier.blog.lemonde.fr/2010/07/27/du-rire-comme-arme-de-subversion/

 

" Face au sérieux macabre de la politique institutionnalisée, la satire, l'ironie et la provocation rieuse constituent une dimension nécessaire de la politique nouvelle.... Les révoltés font revivre le rire désespéré et le défi cynique des bouffons : c'est pour démasquer les agissements des gens sérieux de qui tout dépend"
                                                                                                                                                                          Herbert Marcuse

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Un livre, en 2 tomes,

fondamental pour qui veut mieux connaître

" le Rire de Résistance",

De

Jean Michel Ribes

( Coédition Théâtre du Rond-Point/ Beaux Arts magazine)

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livre auquel le P.H.A.R.E a décerné en  2012

son 2ème Prix du livre d'Humour de résistance

(http://lephare1.e-monsite.com/pages/les-actions-de-nom-structure.html)

Remise du Prix " Humour de Résistance" au théâtre du Rond-Point 30 janvier 2012

Pour plus d'infos: http://www.theatredurondpoint.fr/publications/catalogues.cfm

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And now, Ladies and Gentlemen,

la Bible de l’humour :

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Quelqu'un a dit que l'humour était comme les essuie-glaces, n'empêchant pas la pluie* mais permettant d'avancer. C'est tellement vrai. En plus, c'est le seul luxe à la portée de tous car, au fond, tout est drôle du moment que ça arrive aux autres...

Le rire est donc un service public. Qu'il convient de traiter avec le plus grand sérieux. C'est ce que fait Jean-Loup Chiflet, l'auteur immortel de «La théière de Chardin», dans son « Dictionnaire amoureux de l'humour ».

Longtemps, Jean-Loup Chiflet s'est levé de bonne heure, pour se plonger dans le monde jubilatoire de l'humour. De Montesquieu à Coluche, de Feydeau à Frédéric Dard, de Jules Renard à Bourvil, des Pataphysiciens aux Oulipiens et de Molière à Blondin, il a essayé d'en analyser le mécanisme complexe : l'humour est-il vraiment un «excès de sérieux», comme le pensait Tristan Bernard, ou «une tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie» comme le laissait plutôt entendre Raymond Queneau ? Vaste débat...

Dans ce Dictionnaire amoureux, et du fait même subjectif, il laisse aussi libre cours à ses passions pour le nonsense anglo-saxon ou les magiciens de la langue que sont Vialatte, Ponge, Prévert et tant d'autres.

Jean-Loup Chiflet est l'auteur, entre autres facéties, de l'incontournable " Sky my husband ! Ciel mon mari " ! et du non moins célèbre " Oxymore mon amour "  ! Il est aussi l'adaptateur en France des dessins et légendes du New Yorker, et l'éditeur de quelques joyeux humoristes patentés.

 Il dit et il répète qu'il ne faut pas confondre l'humour, l'ironie, l'esprit, la satire, la raillerie et consorts mais, je vous rassure, il ne cesse de les mêler. La caricature, le nonsense, le calembour, le jeu de mots... tout fait farine dans son moulin. Et tout le monde : Woody Allen et Francis Blanche, Proust et Raymond Devos, Molière et Jacqueline Maillan, Talleyrand et Alexandre Vialatte.

 

* "L’Humour, c’est comme les essuie-glaces, ça n’empêche pas la pluie mais ça permet d’avancer "                                              

                                                                                                                                       Bruno Coppens 

Ce juste et bien exprimé propos est la phrase emblématique et la gélaste devise  du P.H.A.R.E, Le Parti de l’Humour Attitude et d’en Rire Ensemble (http://lephare1.e-monsite.com)

 


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 Une autre Bible,

plus fouillée, et celle-ci totalement objective et quasiment exhaustive.

 Indispensable !

" Histoire du rire et de la dérision "

Georges Minois

(Editions fayard) 

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" Le rire est une vertu que Dieu a donnée aux hommes pour les consoler d'être intelligents " , disait Marcel Pagnol.*

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Une vertu qui a plus de deux mille ans, comme en témoignent les recueils d'histoires drôles dont Grecs et Romains étaient déjà friands. Mais peut-on rire de tout ? Oui, affirme Démocrite, dont le rire désabusé a des accents étonnement modernes. Oui, dit aussi Cicéron qui répertorie mille façons de faire rire. Non, proclament en revanche les pères de l'Eglise, car le rire est un phénomène diabolique, une insulte à la création divine, une manifestation d'orgueil. Leurs arguments ne sont cependant guère entendus au Moyen Age : les rois s'entourent de fous, les hommes jouent à se moquer les uns des autres lors des charivaris, et l'humour, qui n'est encore que parodie, se glisse même dans les sermons des prédicateurs.

Avec Rabelais apparaît une autre façon de rire, un rire ambigu qui ébranle toutes les certitudes et se prolonge au-delà de la Renaissance, tour à tour picaresque, grotesque, burlesque. La monarchie absolue veut faire rentrer les rieurs dans le rang. Mais peut-on domestiquer le rire ? Déguisé en humour acide, il ronge peu à peu les fondements du pouvoir et de la société. C'est tout naturellement qu'au XIXº siècle il trouve son terrain de prédilection dans la satire politique, tandis que les philosophes dissèquent ses vertus, parfois pour les déplorer, et que Baudelaire recherche le " comique absolu ". L'ironie devient un mode de relation entre l'homme et le monde. Elle protège contre l'angoisse et l'exprime en même temps. " Je ris avec le vieux machiniste Destin ", écrit Victor Hugo qui fixe en des formules immortelles l'ambiguïté du rire. Avec les Zutistes, Fumistes et autres J'menfoutistes, le XIXº siècle s'achève sur une apothéose du rire insensé. Le monde désormais va tout tourner en dérision, ses dieux comme ses démons.

Georges Minois, professeur d'histoire et historien des mentalités religieuses, est l'auteur de nombreuses synthèses sur le culture occidentale. Il est en particulier l'auteur de "l'Histoire de l'athéisme". (Editions FAYARD).

*  Sur Marcel Pagnol et ses " Notes sur le rire ":

http://www.marcel-pagnol.com/biblio-notes-sur-le-rire,28.html

http://www.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/I00015428/marcel-pagnol-faire-rire-le-public.fr.html

 

 " Voici notre définition du rire :

 1. Le rire est un chant de triomphe ; c'est l'expression d'une supériorité momentanée, mais brusquement découverte, du rieur sur le moqué.

 2. Il y a deux sortes de rires, aussi éloignées l'une de l'autre, mais aussi parfaitement solidaires que les deux pôles de notre planète.

 3. Le premier, c'est le vrai rire, le rire sain, tonique, reposant :Je ris parce que je me sens supérieur à toi (ou à lui, ou au monde entier, ou à moi-même). Nous l'appelons rire positif.

 4. Le second est dur, et presque triste : Je ris parce que tu es inférieur à moi. Je ne ris pas de ma supériorité, je ris de ton infériorité. C'est le rire négatif, le rire du mépris, le rire de la vengeance, de la vendetta, ou tout au moins, de la revanche.

 5. Entre ces deux sortes de rires, nous rencontrons toutes sortes de nuances. Et sur l'équateur, à égale distance de ces deux pôles, nous trouverons le rire complet, constitué par l'association des deux rires. Quand l'armée Leclerc a repris Paris, nous avons ri avec des larmes de joie, la France était délivrée et reprenait sa place dans le monde ; et nous avons ri âprement, parce que l'oppresseur était chassé, piétiné, écrasé. Ce fut un rire complet, un rire de tout le corps et de toute l'âme ; ce fut, dans toute sa force, le rire de l'homme."

                                                                                                                                                                                                          Marcel Pagnol

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 Voici

Un site Hautement fréquentable qui vous présente un choix de livres  à  Rire de Lire

sur le rire et l'humour

de grande qualité:

 http://www.pointsdactu.org/article_print.php3?id_article=998

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L'Arc-en-ciel des humours

Dominique Noguez

(Paris, Libraire Générale Française, 2000) 

 

« Qu'est-ce que l'humour? » demande le premier chapitre.

« C'est un rayon de soleil sur une eau croupie, une main de jeune fille sur un bréviaire, un nain bègue, une caresse qui déchire, l'incendie de la caserne des pompiers, la maladie d'Alzheimer, un œil bleu louchant avec un œil vert, un livre sur l'humour, Dieu grossi mille fois, l'amputation de la jambe un soir d'été, la lune perdue dans une gare de triage, l'Évangile en serbo-croate, Prosper Mérimée, le flirt de la girafe et du doryphore, un doigt coupé trouvé dans la soupe, l'apoplexie des canards, Abraham Lincoln, la claudication du mille-pattes, la France éternelle, Zeus soulevant un four à micro-ondes en croyant que c'est Ganymède, une omelette aux bolets de Satan, une équation à dix inconnues, le vol nuptial de l'archéoptéryx, un évêque tatoué, deux lapis-lazulis, une trompe de Fallope, faire des chatouilles à un mourant, une paire de fesses légèrement dissymétriques, un squelette désossé, le sarcome de Kaposi, les béquilles suspendues devant la grotte de Lourdes, un inspecteur de police en tutu, Kant ivre mort, la main du chirurgien dans la vésicule du zouave, le dernier mot de Paul Deschanel, le supplice du pal, la rencontre de l'abbé Pierre et d'un pélican dans le bois de Chaville, le bal masqué des petits aveugles, Blanche-Neige et les sept géants, la joie de vivre des grands brûlés, dix-sept escargots en goguette, repeindre les feux rouges en bleu, huit cent mètres d'intestin grêle hachés menu, le mimosa des souris, la comtesse de Ségur, un crachat dans l'océan, l'étendue du désastre.»

 

 

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On vous  vous  recommande gélastement ce livre collectif;

agélastes, s’abstenir :

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"  Esthétique du rire "

Sous la direction d'Alain Vaillant.

( Presses universitaires de Paris Ouest, collection "Orbis litterarum ", 2013.)

 

" Longtemps relégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques - comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire.


À rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible.
Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Âge, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire.

Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel: la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme : dans l'inconscient que refoule le moi sérieux; dans les mondes merveilleux de l'enfance; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme.


L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique."

                                                                                                                                                                                       Alain Vaillant

Voyez ce lien: http://www.fabula.org/actualites/alain-vaillant-esthetique-du-rire_54768.php

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Florilège d' l'Humour Juif:

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" Le Rire élu :

anthologie de l'humour juif dans la littérature mondiale "

Judith Stora-Sandor, éditions Gallimard, 2013

 

« Cette anthologie a été construite comme une invitation au rire.

Par le détail, elle révèle la démesure de l’humour juif en un parcours aussi didactique que déjanté. Le mariage, le shtetl, Auschwitz, tout y passe pour appréhender avec l’érudition d’un sage névrosé un univers que la littérature mondiale explore depuis des siècles. Les plus grands auteurs ont contribué à leur manière à enrichir un humour singulier qui ne cesse de fouiller l’histoire et notre monde contemporain.


L’élection du rire ne peut se composer d’une simple compilation d’histoires et c’est pourquoi, afin de lui rendre son éclat, cet ouvrage présente la diversité de ses teintes, de ses champs culturels. Au fil de ses déclinaisons, on s’engouffre dans la verve juive et tous ses excès pour explorer un humour riche et savoureux qui se nourrit de la tradition pour atteindre sa démesure.


Habile mélange de sourire et de savoir, la circoncision des livres qu’entreprend Le rire élu est menée avec une précision et une impertinence dont il est impossible de sortir indemne. »

Judith Stora-Sandor est Professeur émérite de littérature générale et comparée (paris VIII) et la cofondatrice, avec Nelly Feuerhahn, du CORHUM, Centre de recherches sur le comique et  l’humour qui édite l’excellente revue " Humoresques ".

 

Voyez le site: http://www.humoresques.fr/ 

et cet article:

http://www.fabula.org/actualites/j-stora-sandor-le-rire-elu-anthologie-de-l-39-humour-juif-dans-la-litterature-mondiale_54174.php

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Excellente synthèse consacrée au rire, en général,

et de résistance,

en particulier!:

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" Le rire "

dans la revue 

" Etudes ",

3/ 2003, tome 398.

« Le rire est une arme non seulement contre la sottise, mais aussi contre la censure et le terrorisme intellectuel. C’est la voix des sans-voix, l’arme des désarmés. Toutes les victimes l’ont utilisée, de Socrate au soldat Chveik et... à Charlot. La dérision fait vaciller les puissants : mettre les rieurs de son côté, c’est remporter une victoire. »).

Quant à son importance dans les religions, elle est largement avérée,  Comme le dit Vladimir Jankélevitch : « L’humour exige de l’homme qu’il se moque de lui-même, pour qu’à l’idole renversée, démasquée, exorcisée, ne fût pas immédiatement substituée une autre idole. .

 C’est en cela que l’humour autodénigrant se rapproche de la spiritualité : « L’humour est un mélange d’humeur et d’humilité », écrivait François Varillon ; et les plus grands saints - François d’Assise, Thérèse d’Avila, Thomas More, Philippe Neri, François de Sales - pratiquaient cette forme d’humour qui dégonfle l’ego. En tant que démystificateur de nos prétentions et de nos illusions, l’humour religieux est un moyen d’éviter à l’homme de se prendre trop au sérieux.

L’humour tient une grande place dans le judaïsme - du rire de Sara aux jeux de mots du Talmud -, et l’on a pu parler du rôle pédagogique de l’humour juif, voire de « l’enseignement par l’humour ». Souvent proche des larmes, l’humour juif n’est pas seulement un mécanisme de défense, il a aussi une valeur thérapeutique. On se moque de la misère, de la faim, de la persécution pour conjurer sa peur. Le soufisme également, école spirituelle et mystique de l’islam, possède une dimension humoristique. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel humour. Le rire à travers lequel le soufi rejoint Dieu n’est pas un éclat de rire, encore moins un fou rire, plutôt un sourire. Comme le dit le soufi Hujwiri : « Le rire suprême ne rit point./Terrible est son regard./Abyssal, Son amour. »

Extrait de : " Le rire "  dans la revue  " Etudes ", 3/ 2003, tome 398. .

Pour lire l'article en son intégralité: http://www.cairn.info/revue-etudes-2003-3-page-383.htm

 

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 Un livre exemplaire et fondamental

sur l'Humour de résistance,

à son niveau le plus élevé!

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" Rire, Mémoire, Shoah "

sous la direction d'Andréa Lauterwein

avec la collaboration de Colette Strauss-Hiva

(Editions de l’Eclat)

 

" Quelle place peut occuper le rire dans une œuvre de création sur la Shoah?

La transmission de sa mémoire par l’humour est-elle envisageable? Toute écriture sur le sujet ne peut éluder la mise en garde d’Adorno selon laquelle «écrire un poème après Auschwitz est barbare». Mais un demi-siècle plus tard, l’art reprend ses droits pour (re)dire, avec ses propres mots, que «cela ne doit plus jamais arriver». Et le rire resurgit alors comme «écho de la délivrance du joug du pouvoir». Il résonne dans les œuvres de Kertész, Gary, Hilsenrath, Tabori, Becker, Schindel ou Rabinovici, renouant avec une tradition littéraire qui en faisait une arme contre l’ignominie; il s’affiche, plus problématique encore, quand le cinéma ou la BD s’en mêlent.

Un «rire réconcilié », mais traversé par la catastrophe, qu’interrogent les chercheurs, écrivains, cinéastes et dessinateurs rassemblés ici."

Voyez ce lien :

http://www.lyber-eclat.net/lyber/rirememoireshoah/avertissement.html

 

N.B: Pour info, ce livre s'est vu décerner par la Maison du Rire et de l'Humour, sise à Cluny, le 2ème " Prix du livre d'Humour de résistance": http://lephare1.e-monsite.com/pages/les-actions-de-nom-structure.html

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Sans doute l'humoriste le plus original 

que la Suisse romande ait connu,

et si peu reconnu !

 

Henri Roorda,

le pessimiste joyeux

 

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pratiquant

" l'Humour Zèbre "

2009-henri-roorda-1.jpgUne des rares photos de lui sans pose le campe en maître d’école à l’ancienne. Il est debout, le front clair, et il appuie son bas-ventre contre un pupitre du Gymnase de la Cité. Barbichu à la mode de Napoléon III, Henri-Benjamin Roorda van Eysinga, qui enseigna les maths à plusieurs générations de Lausannois, y déploie un compas géant, avec l’adresse amusée d’un jongleur de fête foraine. Il est l’auteur du Roseau pensotant et de l’Almanach Balthasar; un des humoristes les plus originaux de la littérature romande. Son tour d’esprit charma beaucoup Ramuz mais autant René Morax, le fondateur du Théâtre de Mézières. Un livre qui vient de paraître à Marseille* nous réapprend que dans les années vingt, Roorda s’y était produit, modestement, en auteur de saynètes. En voici quatre, délicieusement boulevardières, mais dont les subtilités philosophiques échappèrent à la perspicacité engoncée des critiques de l’époque. Elles ont pour titres Le silence de la bonne, Un amoureux, Un beau divorce, La Ligue contre la Bêtise

En préface, le dramaturge et historien du théâtre Joël Aguet a tout à fait raison d’inscrire leur auteur dans le sillage d’un Alexandre Vialatte et d’un Pierre Desproges. Même si Roorda (1870-1925) fut né 21 ans avant le premier et mort trois lustres avant la naissance du second. Ils ne se sont jamais rencontrés, mais ils se sont ressemblé par une prose malicieusement excentrique. Plus acidulée-sucrée (de la confiture de rhubarbe) que le verbiage franchement amer, rosse et carnassier qui fait désormais recette dans le marigot des chroniqueurs parisiens, ou celui des tabloïds d’outre-Manche.

Vialatte et Desproges agonisèrent du cancer en s’en moquant beaucoup.

Plus expéditivement, Roorda, lui, se suicida un 7 novembre 1925, en laissant un beau récit testamentaire (Mon suicide) où sa mélancolie neurasthénique se mordore parfois d’un pessimisme allégé, presque souriant:

- Je n’étais pas fait pour vivre dans un monde où l’on doit consacrer sa jeunesse à la préparation de sa vieillesse.

- J’aime énormément la vie. Mais pour jouir du spectacle, il faut avoir une bonne place!

La Ligue contre la Bêtise, et autres fantaisies théâtrales.

 Ed. Le Flibustier. Disponible à la Librairie Humus, Lausanne.

Pour plus d'infos:

http://www1.lausanne.ch/en/ville-culturelle/culture-a-vivre/musees/adresses-musees/musee-historique-lausanne/mhl/musee/publications/catalogues-des-expositions-temporaires/henri-roorda.html

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Pas bien, bien connu, non plus,

ce cher

CAMI

dont Chaplin disait qu’il était

« the greatest humorist in the world »

 ! Sic !

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Charlot appréciait la finesse avec laquelle le Palois, né en 1884, jonglait avec les mots, « le contraste et le ridicule ». En 1921, la rencontre à l'hôtel parisien Claridge, tourne pourtant court entre ces deux hommes qui s'estiment : l'un et l'autre ne parviennent pas à franchir la barrière de leur langue maternelle.

En 2008, année du cinquantenaire de la mort de cet humoriste palois oublié,  sort en librairie ce livre signé Jacques Rouvière et Christian Moncelet « Redécouvrir Cami, l'humoriste loufock »,qui rassemble une  biographie de Cami, une analyse de son univers et du style camique à travers ses textes et dessins et une anthologie.

cami-a-dessine-dans-l-illustration-apres-avoir-cree-le-886489-246x290p-2.jpg« Visuel et réjouissant »

Né Pierre, Louis, Adrien, Charles, Henry Cami, le Palois signera « Cami » ses oeuvres prolifiques. Il s'engage dans l'écriture et le dessin après avoir renoncé à une improbable carrière de matador, sous la pression d'un père commis-voyageur, s'amuse Mireille Humarault, présidente de la compagnie paloise Lemportepièce.

Dirigés par Thierry Lutz, metteur en scène du Tam Tam Théâtre, les amateurs jouent pour le festival de Serres-Castet des textes de Cami réunis dans un florilège baptisé « Drames de la vie courante ». Des scènes « très courtes, compressées » et qui ne s'embarrassent pas de psychologie : « Un spectacle très visuel, rapide, réjouissant », se régale la présidente de Lemportepièce. Il témoigne de l'esprit absurde et décalé de Cami.

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 C’’est lui, fait unique dans les annales de la presse, qui crée « Le corbillard illustré », bulletin corporatif du syndicat des Pompes funèbres dans lequel il dessine, avant de prendre la plume dans l'Illustration.

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  « Il faisait son miel des calembours »

Il enchaîne chansons, opérettes, pièces de théâtre, romans... façonnés par son humour décalé, son ton burlesque et un non-sens proche de Devos ou des Monty Python. « Il faisait son miel des calembours. Il s'affranchit du temps, de la géographie, de la physique », résume Jean-François Saget, énumérant ses créations : Loufock-Holmès, César Rikiki, Le Fils des Trois Mousquetaires roman héroï-camique, Le Roussignolet, pièce jouée deux fois au Théâtre Saint-Louis de Pau, où des écrits anti-nazi l'ont contraint à l'exil pendant la seconde guerre mondiale.

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Cami meurt seul et ruiné

Lauréat du Grand Prix d'Humour International en 1953, admiré de Raymond Devos, Ramon Gomez de la Serna, Roland Topor, Robert Enrico, comptant aussi Prévert parmi ses « Camisards », Pierre Cami meurt seul et ruiné en 1958. Il attend toujours la reconnaissance de Pau. Aucune plaque ne figure sur la façade de sa maison natale : c'est pourtant 23 rue des Cordeliers qu'est né « le meilleur humoriste in the world... »

 

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Pour plus d'nfos:  

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Henri_Cami 

et cette video d'Apostrophes où il est question de Cami:

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB76053751/le-comique-par-l-absurde.fr.html

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POURQUOI  RIRE ?

Actes du Forum Le Monde Le Mans

2011

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 Ouvrage collectif d'Antoine de Baecque, de Thomas Benatouïl, de Patrice Blouin, d'Yves Cusset, d'Anne Dufourmantelle, d'Élie During, d'Arlette Farge, de Claude Gauvard, de Daniel Luzzati, de Dominique Noguez, de Julia Pecker, de Denis Podalydès, de Jean-Marie Schaeffer et d'Alain Vaillant. Édition publiée sous la direction de Jean Birnbaum, introduction de George Steiner.

Expérience subversive, le rire est une arme de libération massive contre les oppresseurs, un outil pour résister aux forces d'anéantissement, pour briser les fers de l'existence et saluer la reconquête d’une liberté. Il faut rire de tout, et d'abord du pouvoir, de la misère, de la mort, mais, précisait l’humoriste Pierre Desproges, pas avec n'importe qui, et surtout pas avec les ennemis de la liberté.

Pour être digne de ce nom, le rire doit dynamiter nos certitudes, ébranler notre identité au moment même où elle risque de se figer, interrompre le cours ordinaire des choses et introduire dans notre quotidien de la surprise, de l'ouverture, de la rencontre. Mieux : elle dessine les contours d'une communauté. Le rire vient saluer la reconquête d'une reconnaissance mutuelle, d'un partage possible, d'une transmission à venir. Bref, il émancipe.

« Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au rire ne sont pas gais », prévenait Voltaire. Ce volume qui reprend les interventions des philosophes, psychanalystes, historiens ou acteurs, spécialistes de la littérature ou du cinéma, femmes et hommes de tribune ou de scène, penseurs ou praticiens du rire, réunis au Forum Le Monde-Le Mans (novembre 2010) entend bien le démentir.

 

 

 

 

 

 

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